29 UNIVERSITÉS S’ENGAGENT À RÉDUIRE LEURS ÉMISSIONS ET À RENFORCER L’ACCÈS À L’ÉDUCATION SUR LE CLIMAT

08/11/2021 | 12:00 Communiqués de presse  
EVANSTON, Ill. — U7+, l'Alliance internationale de présidents d’université, a publié en début de semaine une déclaration concernant son engagement à soutenir la mise en œuvre des objectifs sur le climat issus de la conférence COP26 réunie à Glasgow. 

Les présidents de 29 universités de 12 pays rapportent que l’Alliance « reconnaît que le changement climatique constitue un enjeu mondial présentant des menaces sérieuses pour les environnements naturels, la santé humaine, la sécurité et la stabilité économique ». 

« Nous sommes encouragés par l’engagement croissant des plus grandes universités du monde à lutter contre le changement climatique », précise Morton Schapiro, Président de l’université Northwestern. « Nous avons une responsabilité commune, celle de contribuer à attaquer ce problème de front, par le biais  de l’éducation, du leadership et de l’innovation. »

L’Alliance met également l’accent sur les effets disproportionnés du changement climatique sur les communautés vulnérables, notamment en termes de déplacement, de perte des moyens de subsistance, d’insécurité alimentaire et d’effets délétères sur la santé, et insiste sur la nécessité d’impliquer la jeunesse. 

« En tant qu’institutions à la croisée des disciplines, des générations et des cultures, les universités sont  extraordinairement bien placées pour développer des solutions face aux enjeux climatiques dont hériterala jeunesse pour laquelle elles œuvrent », rapporte Annelise Riles, Vice-Rectrice aux affaires mondiales et Directrice exécutive de l’Institut Roberta Buffett pour les affaires mondiales de l'université  Northwestern. « L’Alliance U7+ peut entreprendre une action coordonnée pour mettre les preuves scientifiques au  premier plan de la lutte contre la crise climatique et ses effets disproportionnés sur les communautés  traditionnellement marginalisées. »

Les signataires réaffirment leur engagement envers deux actions initiées lors du Sommet inaugural de l’U7+ organisé par Sciences Po à Paris en 2019. 

Tout d’abord, faire en sorte que les étudiants aient accès à des cours sur le développement durable, le  climat et la biodiversité, en prenant les engagements suivants :  
  • Faire le point sur les cours existants qui présentent un contenu lié au développement durable, et  rendre les conclusions de cet inventaire plus accessibles par les associations étudiantes ;
  • Développer des voies vers le développement durable : groupements de cours et activités hors  cursus sur le thème commun du développement durable pour permettre aux étudiants d’explorer 
  • ce thème sous divers angles disciplinaires, méthodologiques et pratiques ; 
  • Impliquer les étudiants dans des discussions sur le développement durable, qui prennent en  compte une diversité de points de vue et de besoins.  

Deuxièmement, s’efforcer de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) associées aux universités, en prenant les engagements suivants : 
  • Mesurer les émissions issues des sources appartenant aux universités et des sources externes (achat d’électricité, de chaleur et de vapeur) : analyser la consommation énergétique et les  émissions de GES pour identifier les possibilités d’amélioration ; 
  • S’engager à poursuivre des objectifs de réduction de la consommation et des émissions de GES, et publier des plans d’actions visant à atteindre ces objectifs ; 
  • Suivre et évaluer les progrès au regard des objectifs de réduction des émissions de GES pour mesurer les résultats et les communiquer aux parties prenantes ; 
  • Commencer à développer des approches pour estimer, analyser et enfin réduire les émissions de  catégorie 3, issues notamment des déplacements professionnels, des trajets des employés, de  l’élimination des déchets, et des achats de biens et de services. 

Depuis son élection en tant que premier Secrétariat de l’Alliance U7+ , Northwestern a rallié les universités membres du monde autour d’un certain nombre de questions, notamment le changement  climatique. 

L’Université de Toronto défend depuis 2019 le principe n° 3 de l’U7+ conjointement avec l’Université  d’Édimbourg et l’Université PSL. Travaillant avec de multiples collaborateurs au sein de l’Alliance, elles ont développé une série de recommandations sur le rôle des universités dans la lutte contre le  changement climatique et leur contribution au développement durable, recommandations auxquelles tous  les Présidents ont adhéré. Cet engagement dans une action collective permettra de faire en sorte que  davantage d’étudiants aient accès à des cours sur le développement durable, et que tous les membres  poursuivent des plans d’action et des objectifs ambitieux pour réduire et compenser les émissions de  GES. 

« Nous sommes fiers de travailler en collaboration avec les partenaires de l’U7+ pour entreprendre une action collective de lutte contre le changement climatique et promouvoir le développement durable dans nos établissements », confie John Robinson, Conseiller Environnement auprès du Président de  l’Université de Toronto. « Nous pensons que nous pouvons avoir un effet plus substantiel par le biais  d’une approche unifiée, et nous savons que les universités ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre  le changement climatique. Nous avons une responsabilité envers nos étudiants et nos communautés,  celle d'œuvrer en faveur d’un avenir plus durable. » 

La voix des étudiants 
L’University College London a hébergé, au cours des derniers mois, le Forum mondial 2021 des  étudiants U7+ dans le cadre duquel les étudiants ont produit des rapports soulignant que le changement  climatique devrait être abordé sous un angle intergénérationnel. 
 
Le forum a rassemblé 94 délégués d’étudiants représentant 24 universités de l’Alliance U7+. Les étudiants ont proposé des idées innovantes dans le cadre de cinq thèmes clés : 
  1. Comment la voix et les opinions des étudiants leaders en matière de développement durable peuvent-elles transformer ou influencer les stratégies gouvernementales et intergouvernementales globales ? 
  2. Comment les universités peuvent-elles encourager et former les étudiants à intégrer le développement durable dans leurs actions et à s’engager en faveur d’une consommation nette  zéro au cours de la prochaine décennie ? 
  3. Comment les universités peuvent-elles contribuer à une transition vers la décroissance et la justice environnementale ? 
  4. Comment pouvons-nous engager nos sociétés envers des objectifs qui pourraient prendre plusieurs générations ?
  5. Comment la recherche universitaire sur le changement climatique et le développement durable pourrait-elle être mise au premier plan dans les processus décisionnels de la sphère politique et du milieu des entreprises ? 

Les étudiants ont proposé que les universités mettent au point un module obligatoire sur les objectifs de  développement durable des Nations Unies. Pour traduire leurs recherches en actions, les étudiants ont suggéré aux universités de trouver des moyens de réunir le milieu universitaire, le monde politique et les  entreprises autour de la question du changement climatique. Les étudiants ont également encouragé les universités à dispenser aux universitaires des cours sur l’élaboration des politiques, et ont vivement conseillé de renforcer la communication sur les idées scientifiques complexes d’une manière qui souligne leur pertinence et prenne en compte le fait qu’un langage trop technique pourrait constituer un obstacle à la compréhension collective.
 
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